Épargner ? Qu’est-ce que c’est ?

MARIJKE BISSCHOP
MARIJKE BISSCHOP
Pédagogue, spécialisée en thérapie comportementale

En tant que parent, c'est à vous d’apprendre à votre enfant à bien gérer son argent.  Mais comment faire ? La pédagogue, spécialisée en thérapie comportementale, Marijke Bisschop vous met sur la voie !

Chaque famille a sa propre approche en ce qui concerne l’épargne. Voici quelques exemples… 

Épargner ? Leur expliquer ce que c'est

“Pour Noël, Pierre (9 ans) a demandé un casque de réalité virtuelle à ses parents, « mais c’est vraiment cher : ça coûte 400 euros », dit-il. Va-t-il le recevoir de la part de ses parents ? « Je pense que oui », répond-il.

Je lui suggère plutôt d’épargner de son côté pour se l’offrir. Son expression d’étonnement le trahit : «Épargner ? C’est quoi ça ?». Les parents de Pierre admettent qu’ils ne lui apprennent pas à économiser ; ce dont « il a besoin », il le reçoit, tout simplement. En général, ils commandent directement sur internet afin que tout arrive à la maison le plus rapidement possible. Il suffit d'un clic mais en fait ce n'est pas idéal.” Ici l’enfant n’expérimente ni la frustration de ne pas recevoir tout tout de suite, ni le fait de rêver de quelque chose (rêver vraiment, attendre, imaginer, changer d’avis…) et surtout il n’a pas le sens du coût des choses (je veux, je dis et je reçois).

Faire l’expérience d’épargner des minutes

Gilles (10 ans) m’a expliqué qu’il devait épargner un tiers de son argent de poche. Cet argent, il le met dans une tirelire ou l’apporte à la banque afin d’économiser pour un projet en particulier mais qu’il ne peut pas encore s’acheter.

Ses parents lui ont appris à épargner depuis qu’il est tout petit. Ils économisent également pour lui, pour ses études ou pour l’achat d’une maison quand il sera plus grand.

D’après eux, l’épargne est un concept encore trop abstrait pour Gilles. En plus de son argent de poche, ils lui apprennent aussi à épargner du temps sur l’ordinateur.

Chaque jour, il a droit à 15 minutes d’écran. Mais il ne doit pas spécialement utiliser ces minutes chaque jour. Par exemple, il peut aussi reporter ce « capital temps » au week-end. En épargnant son temps sur l’ordinateur, il finit par avoir ce qu’il souhaite vraiment : une heure et demie sur l’ordi pour jouer à ses jeux favoris !

En plus de cela, il reçoit parfois 15 minutes supplémentaires pour le récompenser d’avoir épargné. Bon, Gilles fait vraiment de son mieux, mais il n’y arrive pas toujours… Dans cette situation, l’enfant expérimente réellement la notion d’épargner : c’est très concret, il peut passer plus de temps sur un écran grâce à ce qu’il a décidé lui-même (et chaque semaine peut être différente).

Une avalanche de cadeaux ou un gros cadeau pour lequel l’enfant doit épargner

Rose a été très déçue quand son fils Charlie (7 ans) a déballé ses 12 cadeaux d’anniversaire lors de sa petite fête. « Il y en avait beaucoup trop, il a à peine regardé ses cadeaux ».

Depuis lors, elle a décidé de demander une participation aux invités dans le but d’acheter un grand cadeau commun, quelque chose dont son fils rêve de tout son cœur. Elle a donc ouvert une assurance épargne pour son fils.

En ce moment, Charlie économise pour une grosse boîte de Lego. Pour son prochain anniversaire, tout le monde pourra verser une contribution sur son assurance d’épargne. Il voit ainsi grandir ses économies.

Même ses grands-parents participent ! Ils veulent participer à quelque chose qui fera vraiment plaisir à leur petit-fils. Et puis, en tant que grands-parents, ils comprennent mieux que quiconque l’importance d’économiser pour plus tard. Du coup, Charlie sait que c’est plus facile à plusieurs d’obtenir quelque chose de vraiment important. Aujourd’hui pour une grosse boite de lego mais plus tard peut-être pour un séjour à la montagne ou des vacances entre copains !

Epargner pour l’objet du désir !

Lorsque son souhait devient réalité après une période d’attente plus ou moins longue, votre enfant est le plus heureux du monde. Son plaisir est au moins multiplié par deux ! Et surtout, l’épargne prend finalement un sens. Votre enfant chérit son objectif ultime et en profite à fond, puisqu’il a dû (ou mieux : pu !) épargner pour celui-ci.

Patienter, une des vertus de l’épargne

Un enfant matériellement gâté n’apprend pas à faire face à la frustration. Il se sent sans cesse déçu et devient une personne insatisfaite. Il ne reçoit pas tout de suite ce qu’il veut ? Le voilà qui tire immédiatement la tête. En apprenant à votre enfant à patienter, à attendre et à épargner, vous en faites un enfant indépendant, déterminé et reconnaissant pour ce qu’il reçoit.

Epargner oui, mais à plusieurs

Votre enfant commence à épargner son argent de poche ? Certains parents mettent en place une petite récompense pour l’encourager lorsqu’il aura presque atteint son objectif. En effet, cela peut aider l’enfant à ne pas se décourager et le motiver à continuer ! L’enfant sent que ses parents sont impliqués avec lui pour mener à bien son projet d’épargne et, de fait, il se sentira soutenu.

Montrer le bon exemple

Depuis son plus jeune âge, votre enfant suit votre exemple. Votre fille ou votre fils observe en effet qu’épargner porte ses fruits et procure de la joie. Par exemple, lorsque vous cherchez tous ensemble un chouette endroit où passer les vacances. En général, on s’y prend un peu à l’avance, il faut épargner et encore attendre plusieurs semaines avant d’y être. Quel bonheur une fois l’objectif atteint !

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